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Une jeunesse qui s’engage pour vivre pleinement ses valeurs

Anaïs est membre de la communauté chrétienne de Liège. En master de droit européen, avec option en droits de l’Homme, elle souhaite mettre ses compétences au service de son prochain. Son orientation professionnelle a pris un chemin différent suite à diverses rencontres, voulant aussi avoir une vie professionnelle en phase avec ses valeurs chrétiennes.

Quelle est la relation entre tes études et ta vie chrétienne ?

Anaïs : J’ai commencé le droit avec l’idée de me spécialiser en fiscalité, étant très sensible, je voulais éviter de m’impliquer émotionnellement. Il m’aurait été impossible d’être au contact d’un enfant qui avait été séparé de ses parents ou d’une femme qui avait subi des violences sexuelles.

Au centre communautaire de Liège, j’ai eu l’occasion de participer à des actions de sensibilisation à la traite des êtres humains. En temps que bénévole à l’office des étrangers, j’ai également été amenée à donner des conseils juridiques aux migrants.

Il était important pour moi de témoigner de l’amour de Dieu aux personnes aux parcours douloureux. J’ai eu le sentiment d’avoir trouvé ma place et du sens à mes études. C’est ainsi que j’ai pris la décision de ne pas me spécialiser en fiscalité mais bien en droit européen ainsi qu’en droits de l’homme. Mes craintes concernant ma sensibilité n’avaient alors plus lieu d’être, je me sentais plus forte grâce à ma foi.

Comment envisages-tu de mettre tes compétences professionnelles au service de l’église et de ta foi ?

Anaïs : J’ai conscience que chaque jour, en tant qu’avocate ou en tant que juriste, je serai face à des situations profondément injustes ou face à des personnes qui sont en souffrance. Personne ne consulte jamais un avocat de gaîté de cœur.

Jésus n’est pas venu pour les bien portants, il est venu pour les malades. Le fait que l’Église soit remplie de personnes ayant mille et un problèmes apparait comme une évidence : les chrétiens sont comme tous les citoyens soumis à la loi et il est probable qu’ils se retrouvent à un stade de leur vie sur le banc des accusés ou sur celui des victimes. J’ai à cœur que mon comportement témoigne de la vie de Christ dans ma vie professionnelle, mais j’ai aussi conscience que le code de déontologie auquel je serai soumise m’empêchera de parler directement de ma foi. J’essaierai de témoigner de l’amour de Dieu par mon comportement.

De nombreux jeunes sont dans l’incertitude face à des choix d’avenir, comment les conseiller ?

Anaïs : Je suis convaincue qu’en tant que chrétien, les études font partie d’un cheminement qui nous amène peu à peu à donner un sens à notre vie. Nous passerons tous par des moments de doute ou d’échec. Gardant la motivation à trouver sa place dans une vie en accord avec les valeurs qui l’animent, chacun est amené à trouver la place à laquelle il se sent en accord avec le témoignage qu’il souhaite porter. Nos considérations d’ordre matériel comme le salaire associé à un métier, la soif de reconnaissance ou le prestige passent alors bien souvent au second plan quand le choix se fait suivant ces critères. Mais le sentiment d’être à sa place apporte une sérénité incomparable.

Propos recueillis par Mathias Boutet

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