skip to Main Content

Soupe, Savon, Salut : la mission continue !

Depuis le début de la crise du Covid-19, le fonctionnement du centre communautaire de Liège a dû être adapté. Plus de 1 400 repas sont distribués chaque semaine en drive-in, à domicile ou à la gare, en collaboration avec la ville, le Relais Social, le Grand Café de la Gare et Les Souliers du Cœur.

Les activités cultuelles sont elles aussi réorganisées grâce à Gloria, bras-droit des officiers/pasteurs, et quelques jeunes qui assurent le lien fraternel,

l’étude biblique et les réunions de prières :« Soupe, Savon et Salut » sont toujours d’actualité !

Esther Braive, infirmière de formation, est chargée de la coordination de l’aide alimentaire et des bénévoles. Elle témoigne :

Comment et pourquoi avoir réorganisé votre mode de fonctionnement ?

À Liège, beaucoup d’associations ont arrêté leur service en raison de la fragilité des bénévoles, souvent assez âgés. De notre côté, nous avons voulu répondre à cette situation d’urgence et adapter notre mode de fonctionnement : le service de douches continue, mais sur inscription sur internet, la distribution alimentaire a été repensée. De nouveaux bénévoles sont venus prêter main forte à l’équipe, ce qui a permis de maintenir notre action. Nos locaux ont été mis à disposition des autorités et un plan commun d’urgence a rapidement été mis en place.

Quelles sont les évolutions ?

L’hygiène est un réel problème pour les sans-abris. Il était donc important de ne pas supprimer ce service. Nous proposons maintenant l’accès aux douches trois fois par semaine, selon un protocole d’hygiène officiel validé.

En ce qui concerne l’aide alimentaire, la demande est croissante. Nous ne pouvions plus fonctionner seulement avec une seule bénévole qui préparait les repas. Le « Grand Café de la Gare »fournit maintenant les 200 repas quotidiens. Sept jours sur sept, nous servons un repas chaud et distribuons des sandwichs pour les sans-domicile fixe.

Comment avez-vous mis en place des protocoles afin d’assurer la sécurité de chacun ?

C’est au fur et à mesure que les questions sont apparues. Comment ne pas prendre trop de risques face aux gens potentiellement malades, aurons-nous assez de matériel, faut-il aller vers les personnes sans-abris ? Grâce à une organisation repensée et mettant à disposition les équipements nécessaires à la sécurité de chacun, les équipes rassurées ont pu poursuivre leur mission tout en se protégeant.

Vous sentez-vous à votre place dans cette mission ?

En tant qu’infirmière et en tant que chrétienne, j’arrive à avoir le recul nécessaire face à la situation que nous vivons. J’essaie de rester positive. L’équipe se soutient dans un esprit bienveillant, c’est important.

Les relations avec vos équipes et avec les bénéficiaires ont-elles changé ?

Personne n’est préparé à vivre une telle situation de crise. Dans l’urgence, il faut apprendre à gérer, mettre en place un plan d’actions, s’arrêter, réfléchir, prendre des décisions et envisager des résultats.

Spontanément, chacun veut aider dans un élan de générosité. Mais il est important de bien structurer l’aide que nous voulons apporter et que chaque bénévole puisse remplir un rôle bien déterminé. C’est une manière de professionnaliser nos actions.

Comment voyez-vous l’après ?

Je crains que l’ambiance conviviale et détendue qui existait avant cette pandémie ne laisse involontairement place à la méfiance, la rapidité du service, la diminution des contacts humains. Nous devrons mettre les gens en confiance, rester prudents et attentionnés les uns envers les autres.

Propos recueillis par Christel Lecocq

Back To Top