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Mensuel "Familles", février 2006

Extrait de : "Les soldats du bénévolat"
Gilles Bechet photo Sylvain Piraux

Depuis près de cent trente ans, l’Armée du Salut s’est développée grâce à l’engagement des ses soldats bénévoles. Mais les temps changent et l’engagement cède le pas au bénévolat occasionnel.

Un engagement chrétien
Daniel Lévèque, aujourd’hui retraité d’une carrière dans la banque, place son bénévolat à l’Armée du Salut dans la suite logique de son engagement pour les valeurs chrétiennes. Des convictions qui l’ont guidé toute sa vie vers un engagement pour la Croix-Rouge mais aussi dans son quotidien professionnel. A la banque, je ne faisais pas mystère de mes convictions, je m’efforçais d’aider les gens dans la mesure de mes moyens et des circonstances. Mes collègues me surnommaient d’ailleurs le guichet CPAS de la banque. Membre depuis plusieurs années d’une communauté locale tournée vers l’écoute et la prière, il participe aux distributions alimentaires organisés à Bruxelles. Une action inséparable de son engagement chrétien. Ma priorité, c’est de distribuer des aliments à ceux qui en ont besoin, mais si je vois quelqu’un complètement découragé, je lui parlerai de l’amour de Dieu et des évangiles. Ce n’est pas systématique, mais c’est important pour moi.

La collecte en rue est généralement réservée aux salutistes les plus engagés. A Bruxelles, les trois marmites du centre-ville sont tenues par des fidèles. Derrière la Bourse, Philippe, qui s’acquitte de sa mission avec le sérieux d’un soldat de garde, est un fidèle du mouvement. Comme tous les soldats, il sera relevé après une heure et demie, car le poste est ingrat, surtout par une humide et froide journée de décembre. Mais Philippe n’en a cure, il rempilerait même plusieurs fois en une journée. On doit vraiment le limiter, précise le capitaine Olekhnovitch car il en ferait bien son activité principale.

Dans la rue Neuve, le calot de l’Armée coiffe une mama africaine exubérante qui gratifie les passants généreux d’un sourire chaleureux en esquissant un pas de danse. C’est vers l’âge de 10 ans, à Kinshasa, que Juliana s’est engagée dans l’Armée du Salut. Peu après son arrivée à Bruxelles, elle a tout naturellement apporté sa touche de couleur aux activités du mouvement.

A côté de la dernière marmite, c’est un officier, la major Claire Anthoons, qui accomplit sa tâche avec le sourire. Nous n’avons pas assez de bénévoles et ça fait partie du travail. En retournant au quartier général, sa tournée accomplie, le capitaine Olekhnovitch lance un dernier regard compréhensif et reconnaissant envers ses bénévoles. Si j’étais dans une boîte privée, j’aurais certainement d’autres exigences, sourit-il, mais la grâce de Dieu est plus grande que le rendement. Et de toute façon, les gens qui donnent ne le font pas pour la personne qui est là.